Quai démontable : comment choisir un quai facile à installer et à sortir chaque année

Publié le 6 octobre 2026 · Équipe Quais Laurentiens, fabricant de quais à Saint-Sauveur
Un quai démontable se retire de l’eau à l’automne et se remet au printemps sans équipement lourd. Les plus faciles à manipuler sont les quais modulaires en aluminium sur roues ou sur poteaux : comme ils sont légers et qu’ils se défont en sections, la sortie se fait souvent à deux personnes. Le bois tient très bien lui aussi, mais il pèse plus lourd et demande plus de bras.

Dans cet article : les quatre types de quais démontables et lequel sort le plus facilement, ce qui fait vraiment la différence à la manipulation, ce qui arrive si vous laissez votre quai dans la glace, et ce que la réglementation québécoise permet en date d’octobre 2026.
Quai en bois et en aluminium installé par Quais Laurentiens sur un lac des Laurentides, à Saint-Sauveur.
Un quai conçu en sections se sort plus vite à l’automne, peu importe le matériau.

Démontable, amovible, modulaire : de quoi parle-t-on ?

Les trois mots se promènent beaucoup dans les annonces, et ils ne veulent pas tout à fait dire la même chose.

Un quai démontable (ou amovible) est conçu pour être retiré de l’eau. Un quai modulaire est bâti à partir de sections interchangeables : c’est ce qui le rend démontable, et c’est aussi ce qui permet de l’agrandir plus tard. À l’inverse, un quai fixe — sur encoffrement, sur empierrement ou sur pilotis bétonnés — reste en place à l’année.

La distinction compte pour deux raisons bien concrètes : l’effort que vous aurez à fournir deux fois par année, et la réglementation. Un quai qui n’est « ni flottant, ni sur pieux, ni sur roue » tombe dans une autre catégorie réglementaire, et une demande d’autorisation pour un tel quai exige un avis signé par un ingénieur sur l’impact hydraulique (article 330 du REAFIE). Autrement dit : plus votre quai est démontable, plus le chemin administratif est court.

Les quatre types de quais démontables

Le bon type ne dépend pas de vos goûts, mais du fond de votre lac, de la pente de votre rive et des variations du niveau d’eau. C’est d’ailleurs la première chose qu’on mesure en visite.
Les quatre familles de quais démontables et ce qui les distingue à la sortie.
TypeComment il tientSortie à l’automneConvient quand
Quai flottantDes flotteurs sous la structure, retenue par des ancragesOn détache les sections et on les ramène à la rive sur l’eauFond mou ou vaseux, eau profonde, fortes variations de niveau
Quai sur poteaux (pieux)Des poteaux appuyés au fond, plateforme au-dessus de l’eauOn démonte section par section et on relève les poteauxFond ferme et assez régulier, profondeur stable
Quai sur rouesLa structure repose sur des rouesLa plus rapide : on roule le quai hors de l’eauPente douce, rive dégagée, fond ferme
Quai cantileverEn porte-à-faux depuis la rive, sans appui dans l’eauSe relève vers la rive, sans entrer dans l’eauBord de l’eau rocheux, où rien ne peut rester à l’eau l’hiver
Le matériau se greffe ensuite au type. Nos quais d’aluminium sont nettement plus légers à manipuler et ne rouillent pas, ce qui aide beaucoup quand c’est vous qui faites la sortie. Nos quais de bois offrent un pied plus chaud et une allure plus classique, au prix de sections plus lourdes et d’un entretien à prévoir.

Ce qui rend un quai facile à installer et à sortir

Deux quais de même longueur peuvent demander une heure… ou une journée. Voilà ce qui fait l’écart :
1. Le poids et la taille des sections
  • Des sections plus courtes se transportent à deux
  • L’aluminium allège beaucoup chaque module
  • Un platelage gorgé d’eau pèse plus lourd qu’à la mise à l’eau
2. Le type d’assemblage
  • Goupilles et pentures : rapide, sans outils
  • Boulons : plus rigide, mais plus long à défaire
  • Quincaillerie qui ne grippe pas après un été dans l’eau
3. L’accès et le rangement
  • Un chemin dégagé entre la rive et le lieu de remisage
  • Un endroit plat où empiler les sections
  • Des roues, un treuil ou une passerelle bien choisie
C’est souvent le troisième point qui coince. Un quai léger sur une rive escarpée et encombrée reste une corvée; un quai plus lourd avec un bon accès se sort sans drame. C’est aussi là que les rampes, passerelles et accessoires changent tout. Si vous préférez ne pas y toucher du tout, notre service de mise à l’eau et de remisage s’en occupe au printemps et à l’automne.

Peut-on laisser son quai dans l’eau l’hiver ?

Ça dépend du plan d’eau bien plus que du quai. La glace ne fait pas que figer : elle monte et descend avec le niveau de l’eau, elle se dilate, et au dégel elle pousse latéralement vers la rive. Sur un lac où les glaces bougent, ce sont les ancrages, les poteaux et les attaches qui encaissent — et ça finit en réparation de quai au printemps.

Certaines configurations passent l’hiver à l’eau sans problème, d’autres non. La règle que nous appliquons est simple : si le quai peut sortir facilement, il sort. Et quand il ne peut pas sortir, il faut une structure pensée pour ça.

Ce qu’on voit sur le terrain

Nous fabriquons des quais depuis plus de 70 ans, à partir de nos ateliers de menuiserie et de soudure, et nous avons plus de 255 projets derrière nous. Trois constats reviennent chaque automne :

1. Le fond du lac décide à votre place. Avant de parler de modèle, nous mesurons la profondeur, le type de fond et les variations du niveau d’eau. Un quai sur poteaux sur un fond vaseux s’enfonce; un quai flottant dans une eau trop basse frotte. C’est là que la plupart des mauvais achats se jouent.

2. Un quai bien conçu se sort en environ une heure. C’est la durée moyenne de nos interventions de remisage, pour un quai résidentiel courant. Quand ça prend une demi-journée, ce n’est presque jamais le quai : c’est l’accès à la rive.

3. Parfois, aucun des quatre types ne fonctionne. Notre système de quai cantilever est né exactement de ce problème : un client avait un bord de l’eau rocheux où il était impossible de laisser les quais à l’eau durant la saison hivernale. Le quai a donc été conçu pour se relever depuis la rive, en porte-à-faux. Il n’existait pas sur le marché; on l’a fabriqué. C’est le genre de cas que nous traitons en projets spéciaux, et vous pouvez en voir d’autres dans nos réalisations.
Fabrication d’un quai dans l’atelier de Quais Laurentiens à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.
Chaque quai est fabriqué sur mesure dans nos ateliers de Saint-Sauveur.

Ce que la réglementation québécoise permet

C’est la partie que bien des acheteurs découvrent trop tard. Deux paliers s’appliquent, et il faut les distinguer.

Le palier provincial. En date d’octobre 2026, l’article 341.2 du Règlement sur l’encadrement d’activités en fonction de leur impact sur l’environnement (REAFIE) exempte d’une autorisation du ministère la construction d’une structure « ancrée, sur pilotis ou sur roue » qui flotte sur l’eau ou s’avance dans l’eau — un quai ou un abri à bateaux — lorsque l’empiétement total des structures dans le littoral et la rive, incluant celles déjà présentes sur le terrain, est d’au plus 30 m², excluant les ancrages.

Deux pièges dans cette phrase : le calcul inclut ce qui est déjà au bord de l’eau (un quai existant, un abri à bateaux), et il s’agit bien du total, pas de la surface du nouveau quai seulement.

Le palier municipal. L’exemption provinciale ne remplace pas le permis de votre municipalité. Québec a confié aux municipalités l’application des règles en milieu hydrique pour les terrains résidentiels : « Si vous souhaitez réaliser des travaux sur votre terrain dans la rive, le littoral, la zone inondable ou la zone de mobilité d’un cours d’eau, contactez d’abord votre municipalité », indique Québec.ca. Les municipalités doivent appliquer les règles provinciales « et peuvent même adopter des règlements municipaux plus contraignants ».

Concrètement, dans les Laurentides, ça donne des exigences précises. Le dépliant 2026 de Saint-Adolphe-d’Howard sur les quais demande un permis, et limite le quai à une superficie maximale de 30 m², à une longueur maximale de 10 m et à une forme en « L », en « T » ou en « I ».
Attention aux documents périmés. Plusieurs fiches municipales toujours en ligne mentionnent encore une limite de 20 m². Le seuil provincial d’exemption est aujourd’hui de 30 m². Comme votre municipalité peut être plus sévère que la province, validez toujours le chiffre applicable chez vous auprès de votre service d’urbanisme avant de commander un quai.

Questions fréquentes

  • Combien de personnes faut-il pour sortir un quai démontable ?
    Deux personnes suffisent pour la plupart des quais résidentiels en sections d’aluminium. En bois, ou sur une rive à forte pente, prévoyez trois ou quatre bras, ou faites-le faire.
  • Faut-il un nouveau permis chaque printemps pour remettre le même quai à l’eau ?
    Normalement non : le permis vise l’installation, le remplacement ou l’agrandissement d’un quai, pas la remise à l’eau saisonnière de la même structure. Comme chaque municipalité rédige son règlement, vérifiez auprès de votre service d’urbanisme.
  • Peut-on transformer un quai fixe existant en quai démontable ?
    Souvent oui, en remplaçant la structure d’appui et en refaisant le platelage en sections. C’est une évaluation à faire sur place : si l’ouvrage existant est en bon état, on récupère ce qui peut l’être.
  • Quand faut-il sortir son quai dans les Laurentides ?
    Avant la prise des glaces, donc généralement en octobre ou en novembre selon l’altitude du lac et l’année. Les plages de rendez-vous se remplissent vite à l’automne : réservez tôt.

En résumé

Choisissez le type selon le fond de votre lac, pas selon le catalogue, et privilégiez des sections que vous êtes capable de manipuler vous-même. Validez ensuite la superficie permise auprès de votre municipalité avant de commander.

Vous hésitez entre deux configurations, ou vous voulez savoir ce qui est possible sur votre rive ? Demandez une soumission ou appelez-nous au (450) 227-2342 : nous évaluons votre site sur place, ou à partir de vos photos.